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Avec New Life, Ellen Allien nous invite à danser dans les ruines

Par Alexandre Martin · Blog perso · 20 juin 2026
Pochette de l'album New Life d'Ellen Allien
Pochette de New Life, Ellen Allien.

Il aura fallu attendre six ans pour qu'Ellen Allien, matriarche de la techno berlinoise, nous livre un nouvel album.

Après trois opus entre 2017 et 2020 aux retours mitigés, la fondatrice de BPitch Control a cette fois pris son temps pour conjuguer club et ambition politique, dans un contexte où les espaces de liberté d'expression qu'incarne la techno lui semblent plus menacés que jamais par le capitalisme.

Dix titres concis, aucun ne dépassant les cinq minutes trente : la leçon a été retenue. Là où Nost pouvait s'enliser dans des longueurs, Ellen Allien va désormais à l'essentiel. New Life s'ouvre sur Cruising, une intro (encore plus) minimaliste, avant de se déployer en paysages sonores texturés où s'entremêlent touches house (Wonderful Moment) et darkwave (Mein Herz). Sa voix, parfois grave et distordue comme sur Fantazy, parfois douce et effacée, traverse l'album comme un fil conducteur.

Le sommet est atteint avec Steh Auf, single central et véritable pièce maîtresse, dont la puissance dépasse tout ce que le reste de l'album propose, tandis que Move It impose un rythme de course-poursuite nerveux rehaussé d'un violon dissonant aux allures de film noir.

Si certains passages paraissent plus fonctionnels, New Life impressionne par sa cohérence. De Cruising jusqu'à Bella, conclusion plus dépouillée et industrielle, Ellen Allien rappelle pourquoi elle demeure l'une des figures les plus influentes de la techno européenne, tout en proposant sa version d'un monde meilleur.